22 juin 2010

Bassin d'Arcachon la Morts est annoncée ! ! !

Le Bassin d'Arcachon, un écosystème en danger

Les activités humaines mettraient en péril la fantastique diversité naturelle du Bassin.

 L'urbanisation et la pression touristique ont-elles eu raison de ce fantastique équilibre naturel ? Photo Julien Haas / DR

L'urbanisation et la pression touristique ont-elles eu raison de ce fantastique équilibre naturel ? Photo Julien Haas / DR

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Alerte ! Le bassin d'Arcachon est en danger. C'est un livre rare qui nous le dit, un livre d'images savant qui pose un diagnostic sévère sur un milieu naturel menacé. Il pourrait provoquer un déclic chez tous les usagers du Bassin, décideurs politiques en tête, pour sauver ce qui peut l'être encore.

Posons-nous au bord du Bassin à marée basse. Le vert l'emporte sur le bleu. Sous nos yeux s'étale le plus grand herbier du monde. Un véritable jardin aquatique qui nourrit les oiseaux migrateurs qui viennent hiverner et sert de niche aux coquillages et crustacés. Cette faune est un indicateur de la qualité des eaux du Bassin. Elle donne la première alerte d'une dégradation inquiétante. Au début, on n'y a pas prêté attention : quand l'huître plate, l'espèce originelle du Bassin a disparu. Comme l'hippocampe que l'on vernissait quand on était enfant. Puis, les sardines et les mulets ont préféré éviter le Bassin. Aujourd'hui, on se demande s'il y aura encore des huîtres dans cinq ans. C'est le tocsin. L'ostréiculture fait partie de l'identité du Bassin, elle lui donne son cachet, outre une activité économique de 35 millions d'euros.

Dans la stupeur et l'affolement, on fait appel aux scientifiques. Certains lèvent timidement le doigt et ressortent les études qui annonçaient la catastrophe. On n'a pas voulu voir. La dégradation des eaux du Bassin a plusieurs sources indiquent les géographes qui ont écrit ce livre.

Nombreuses plages vaseuses

La plus modeste et la plus maîtrisable vient de l'eau douce. Le bassin d'Arcachon fonctionne comme un réceptacle. Il recueille l'eau douce amenée au nord par le canal des étangs médocains qui relie les lacs de Lacanau et Hourtin. Un drainage de 1 000 kilomètres carrés relativement propre.

Plus inquiétante, l'eau douce de la Leyre, ce petit fleuve landais de 145 km qui déverse au sud-est, près de Biganos tous les phosphates de la maïsiculture et des porcheries industrielles. Un formidable engrais pour les mauvaises herbes. Ainsi, depuis vingt ans, on assiste impuissants à l'invasion d'une nouvelle espèce de spartines, une plante graminée qui peut, à elle seule, modifier l'hydraulique du Bassin. À Arès, on a tenté de l'arracher à la main. Peine perdue, l'herbier traditionnel a reculé d'un kilomètre au profit de cette plante. Elle a déjà colonisé 3 500 hectares de prés salés. D'ici 40 ans, elle pourrait envahir la totalité des vasières disent les scientifiques. Or, cette prairie malvenue n'est pas seulement désagréable pour la baignade. Comme elle freine les courants de marée qui ne peuvent plus évacuer les sédiments, elle accélère le comblement du fond du Bassin. Audenge, La Teste, Arès auront de plus en plus de plages vaseuses, l'eau sera de plus en plus loin. Déjà, le manque d'eau a conduit les communes d'Arès et de Lanton à construire des bassins de baignade alimentés en eau de mer par pompage. Un comble pour un bord de mer ! Le Bassin rétrécit à l'est, comme s'il se défendait de son principal ennemi : l'homme moderne et ses excès.

L'urbanisation et la pression touristique ont eu raison du fragile équilibre créé au fil des siècles entre l'homme et ce site exceptionnel. Tout s'est accéléré dans les dernières années : la moitié des résidences secondaires qui ont poussé le long des 80 kilomètres de rivage ont moins de trente ans. En 1841, quand arrive le chemin de fer sur le Bassin, Arcachon ne compte que huit maisons et quelques cabanes de résiniers.

« Banlieue balnéaire »

À peine 20 000 habitants sur le pourtour. 110 000, aujourd'hui dans les dix communes qui bordent le Bassin. Et quand arrive l'été, la « banlieue balnéaire de Bordeaux » est pleine à craquer. Le choix de la maison individuelle a supprimé tout espace libre et sur l'eau, de véritables petites villes flottantes s'installent. 12 000 bateaux de plaisance rejettent hydrocarbures et eaux usées directement dans le Bassin. La qualité des eaux étant liée à la pression démographique, c'est un volume croissant d'effluents traités par les stations d'épuration qui est rejeté dans l'océan à La Salie. Depuis que ce terminal, jugé trop coûteux dès le départ, existe, on se demande si les effluents ne sont pas refoulés par les courants à l'intérieur du Bassin. Des études sont en cours. Pourquoi n'ont-elles pas vu le jour plus tôt ?

Ce livre qui photographie le Bassin sous tous les angles, humain, historique, environnemental met en évidence la politique de l'autruche qui prévaut sur le Bassin depuis les dernières décennies. Tout le monde sait que les voyants rouges clignotent. Les maires, les conseillers généraux, la DDE, la région. Mais peut-on revenir sur des PLU laxistes alimentés par la spéculation immobilière, sur le nombre de bateaux quand on connaît le prix de l'anneau sur le Bassin ? Jusqu'ici, l'appât du gain l'a emporté. Tout le monde sait que le tourisme est la poule aux œufs d'or de cette région. Mais sur le Bassin, la poule est en train d'écraser son œuf.

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Vos commentaires 4

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1

lolobby
22/06/2010, à 09h38

Cela fait longtemps que la fin du bassin est annoncée. On dirait que le moment arrive. Comment résister à des vieux mafieux pleins de frics, dont les bateaux s'entrechoquent tellement ils sont nombreux, aux construction de maisons secondaires, vides toutes l'année.
Quand les ostréiculteurs travaillent sur le bassin, ils doivent demander pardon d'être là...
Les politiques qui ont accepté Ce tourisme se développer au dépens du site doivent être montré du doigt, cités, jugés.
Ils sont responsables.

esmeraldafee
22/06/2010, à 09h10

les hippocampes sont à nouveau là depuis déjà quelques années, les mules aussi, l'été dernier il n'y a jamais eu autant de maigres, ... Quant aux huîtres, c'est partout qu'elles meurent (d'où le problème car il n'y a pas d'autre espèce pour les remplacer). De quand datent ces observations ?

Profil supprime
22/06/2010, à 07h33

Oui controlons les naissances!

Cacoye
22/06/2010, à 07h27

Ce qui se passe sur le Bassin préfigure en modèle réduit ce qui va se passer sur la planète. On atteint les limites.
110.000 habitants, va-t-on essayer d'en caser 500.000 ? et pour les 12.000 bateaux, au nom du développement soi-disant durable, va-t-on essayer d'en mettre 50.000 ?

Qui osera changer de cap ?

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Posté par soleilen73 à 10:25 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

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